Jaeger-LeCoultre a imaginé la Reverso pour répondre à un problème bien réel rencontré par une partie de sa clientèle au début des années 1930. À cette époque, certains amateurs de sports élégants se plaignaient de voir la glace de leur montre se briser pendant leurs activités. Les boîtiers étaient alors relativement fragiles, et aucune solution existante ne permettait de protéger véritablement le cadran sans sacrifier l’esthétique.
Face à cette demande précise, la maison décide de relever le défi : concevoir une montre capable de résister aux chocs tout en conservant une élégance irréprochable. C’est ce besoin très concret qui pousse Jaeger-LeCoultre à imaginer un boîtier totalement inédit, pouvant se retourner pour présenter un dos plein et robuste en cas de sollicitation.
L’ingénieur René-Alfred Chauvot est alors chargé de concevoir un mécanisme inédit. Il dépose en 1931 un brevet pour un système coulissant et pivotant d’une remarquable ingéniosité, qui permet au boîtier de glisser dans ses glissières puis de se retourner à 180 degrés. La montre adopte une silhouette rectangulaire immédiatement reconnaissable, dans le plus pur esprit Art déco.
La Reverso naît ainsi d’une problématique très simple : protéger le cadran dans des situations où une montre classique n’aurait aucune chance. Mais au-delà de cette fonction, Jaeger-LeCoultre réussit à créer un objet d’une élégance rare, dont le design épuré traversera près d’un siècle sans prendre une ride.
Aujourd’hui encore, la Reverso reste fidèle à cette idée fondatrice : combiner fonctionnalité, innovation technique et raffinement esthétique. Si elle est devenue un symbole de l’horlogerie, c’est précisément parce qu’elle est née d’un besoin concret transformé en une idée brillante — celle de faire pivoter le boîtier pour offrir deux visages à une seule et même montre.